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Test-Achats s’attaque aux coaches

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Test-Achats a publié le 24 mai 2018 sa conclusion sur sa petite enquête sur les coaches en burn-out. Notre conclusion : malgré que l’enquête dévoile une anomalie, le restant manque de crédits et de fondements. Nous sommes très déçu qu’une institution tel que Test-Achats s’en prenne aussi bêtement et aussi grossièrement aux coaches, discréditant au passage cette profession qui a un rôle cruciale à jouer dans notre société. Car oui, faire le pas vers un psychologue est aujourd’hui encore un pas insurmontable pour bien des gens, et plus particulièrement les personnes souffrant d’un burn-out. Les coaches sont une excellente alternative pour ceux qui ne veulent pas passer la porte d’un(e) psychologue.

En quoi consiste l’étude de Test-Achats

Dans cette étude, Test Achats a mis l’accent sur les coaches sans diplôme en psychologie clinique ou en médecine qui ne peuvent donc légalement pas poser de diagnostic. L’échantillon final composé de 79 coaches répartis à travers la Belgique, a été visité une fois par un enquêteur déguisé en coaché. Le coaché cherchait de l’aide pour un burn-out, mais simulait des plaintes qui allaient dans le sens de la dépression, d’un traumatisme et d’un problème d’alcool. À la recherche de plus d’informations sur la formation des coaches, le site Web et le profil LinkedIn de chaque coach ont également été analysés.

Ce que Test-achats reproche aux coaches en burn-out

« Beaucoup ne sont pas formés pour faire face à la détresse psychologique et dissimulent leur formation de base. Il n’est donc pas surprenant que beaucoup de choses se passent mal dans la pratique. Six coaches visités sur dix ont omis de référer un patient présentant des symptômes alarmants à un médecin ou à un psychologue clinicien. Un sur quatre a recommandé des remèdes à base de plantes ou des suppléments nutritionnels pour lutter contre le burn-out. En Flandre et à Bruxelles, les chercheurs ont identifié un usage abusif des chèques-carrière. »

La réponse de LesPraticiens.be à Test-Achats

Notre réponse concernant l’omission de référer un patient présentant des symptômes alarmants à un médecin ou à un psychologue clinicien
Votre étude est ce qu’on appelle en anglais un « catch 22 » : une situation dans laquelle il n’y a pas de bonne solution ou de résolution possible en raison de la manière dont les facteurs de la solution se rapportent les uns aux autres. C’est exactement de cette façon que votre scandaleuse « étude » a été mise en place. Ci-dessous le pourquoi cette étude ne pourrait jamais résulter en un rapport positif.

1) Poser un diagnostic
Vous avez voulu tester une compétence d’un personne qui à la base ne peut pas l’exercer, en l’occurrence poser un diagnostic. Car pour référer un coaché vers un médecin ou un(e) psychologue clinicien, il faut d’abord avoir les capacités de diagnostiquer le traumatisme, la dépression ou le problème d’alcool. Alors que votre même étude mets, et à juste titre, en avant que les coaches (sans diplôme en médecine ou en psychologie clinique) ne sont pas autorisés à porter un diagnostic. Cela implique que si un des coaches aurait référer son coaché vers un collègue plus apte, basé sur son diagnostic que le patient souffre d’un traumatisme, d’une dépression ou qu’il ait un problème d’alcool, ce coach serait punissable par la loi car il aurait posé un diagnostic que seul les médecins et psychologues cliniciens sont autorisés à poser. En d’autres termes, votre étude est un piège à cons, car vous voulez que le coach réfère le coaché si nécessaire, mais pour ce faire, il faut bien poser un diagnostic, ce que le coach n’est pas autorisé à faire. Alors si le coach n’est pas autorisé à poser un diagnostic, comment est-il censé savoir s’il doit référer sont coaché vers un médecin, un psychologue, un toxicologue, un psychiatre ou autre ?

2) La dépression, le burn-out
Tel que tous les médecins et psychologues le savent, il est scientifiquement impossible de prouver qu’une personne est atteinte d’une dépression ou d’un burn-out et il est très difficile de les diagnostiquer. La limite entre un burn-out sévère et une dépression peut parfois être très fine. Alors faire une étude sur des « maladies » que sont scientifiquement non prouvable, qui sont les plus difficiles à diagnostiquer et qui sont très proches les unes des autres, c’est vraiment tout mettre en place pour pouvoir discréditer une profession.

3) 79 coaches !
Une étude basé sur seulement 79 coaches !? Depuis quand 79 coaches sont-ils représentatifs des milliers de coaches en Belgique ? Et sur quelles bases ont-ils été sélectionnés ? Avez-vous sélectionné des débutants ou que des coaches avec plus de dix ans d’expérience ? Les fondements et l’approche de cette étude laisse largement à désirer, remettant considérablement le sérieux de cette étude.

4) Enquêteur déguisé en coaché
Test-achats a envoyé des enquêteurs déguisés en coaché (nous reprenons tel quel le vocabulaire de l’étude), donc nous pouvons en déduire que ces enquêteurs ne souffrent ni d’un burn-out, ni d’une dépression, et n’ont pas de problèmes d’alcool. Et ce ne sont pas des comédiens pouvant simuler les symptômes et comportements liés à ces difficultés. Plusieurs études prouvent que 80% de l’effet thérapeutique est lié au lien entre le « patient » et le/la thérapeute/coach. Quel lien a pu être crée entre un enquêteur-menteur et le coach ?
Ne serait-il pas plus intéressant de demander la satisfaction de la clientèle de ces coaches (avec des données anonymisées) au lieu d’y envoyer des enquêteurs fantoches?

Notre réponse concernant « Beaucoup de coaches ont une formation de base qui n’a rien à voir avec les soins de santé »

Qui dit que le métier de coach est un métier faisant partie des métiers des soins de santé ? Seuls les métiers repris dans l’A.R. 78 sont reconnus comme tel. Alors pourquoi avoir des exigences telles si le métier de coach en lui-même n’est pas reconnu comme un métier de soins de santé ? Cela n’a aucun sens.
A votre avis, cela veut dire quoi le mot « coach ». ? D’après le Larousse : le coach conseille une personne afin qu’elle utilise au mieux ses compétences. Plus globalement, c’est une personne ayant un bagage de vie suffisamment solide pour conseiller d’autres personnes dans des domaines spécifiques. Heureusement que ces coaches ont un passé professionnel avant de s’être reconverti en coaches. Au moins ils savent de quoi ils parlent. On ne peut pas en dire autant de tous ces curés qui « conseillent » des femmes et des hommes comment vivre leur vie de couple. Ce qui n’empêche pas que des curés sont totalement apte à être de bon conseil dans des domaines qu’ils n’ont pas vécu.

Notre réponse concernant « Un sur quatre a recommandé des remèdes à base de plantes »

Une personne atteinte d’un burn-out a ses glandes surrénales épuisées/vidées. La caféine, le stress, … vident les glandes surrénales. Et ces mêmes glandes surrénales jouent un rôle cruciale dans le bien-être de l’humain, car elles synthétisent et relâchent des hormones dans le sang, notamment les hormones minéralocorticoïdes (aldostérone), les hormones glucocorticoïdes (cortisol et corticostérone) et les androgènes surrénaliens.
A ce jour, il n’existe à notre connaissance aucun médicament permettant de rétablir les glandes surrénales. Par contre il existe bel et bien une ou plusieurs plantes permettant d’aider les glandes surrénales à se régénérer. Nous ne savons bien sûr pas quelles plantes ont été conseillées par les coaches discriminés dans cette étude, mais à priori, les plantes seraient une des pistes à suivre pour aider une personne atteinte d’un burn-out.

Et quand à la remarque « Des méthodes douteuses pour lesquelles il n’existe pas de preuves que cela fonctionne. »

S’il faut attendre que la science prouve l’utilité/l’efficacité/l’existence de certaines choses, arrêtons immédiatement de nous aimer, car la science n’est pas en mesure de prouver en quoi l’amour existe. Pourtant l’amour existe bel et bien ainsi que ses vertus.
La science d’aujourd’hui ne permet pas encore d’analyser et de prouver tout ce qui nous entoure et encore moins les bienfaits de certaines pratiques alternatives. La science peut-elle prouver votre amour pour votre enfant ? Dans notre passé pas si lointain, on arrachait les dents des gens souffrant de problèmes mentaux, car la science de l’époque avait établi que les problèmes mentaux se « stockaient » dans nos dents. La science n’a pas réponse à tout. Par contre la physique quantique a commencé à s’intéresser à certains aspects de ces approches alternatives et n’exclut pas, bien au contraire, l’efficacité de certaines approches alternatives.
L’étude fait référence à l’utilisation de pierres précieuses. Ne s’agirait-il pas entre autres de pierres et cristaux utilisées en litho thérapie ? Cela vous fait rire de croire que des cristaux et autres minéraux peuvent avoir un effet sur votre santé mentale et/ou physique? Pourtant tous les rois, reines, princesses, Papes et ecclésiastiques de notre histoire en portaient, que ce soit incrusté dans les couronnes, diadèmes, dans un collier ou bracelet. Et vu les prix très modeste de ces cristaux et pierres semi-précieuses (surtout en comparaisons aux prix des diamants et de l’or), ils ne les portaient pas pour montrer leur richesse ou pouvoir. Ni pour faire joli : un diamant aurait beaucoup plus d’effets. Non, ces personnes haut placées socialement, avaient accès à des connaissances médicales, spirituelles et mentales que le commun des mortels n’avait pas. Alors si ce n’est pas pour faire beau, riche ou puissant, ou pour montrer son appartenance à une famille ou à un groupement, pourquoi ces hauts dignitaires portaient-ils tous ces pierres et minéraux ?
Le constat sur le terrain est édifiant : le nombre exponentiel de personnes consultant des kinésiologues, coaches et autres pratiques alternatives à la médecine traditionnelle, en dit long sur la satisfaction du « consommateur ». Ce succès est dû au bouche-à-oreille. Et le gouvernement devrait être ravi, car cela ne lui coûte pas un centime, contrairement aux traitements et professions médicales reconnus.

En lisant la « mission » de Test-Achats, nous citons de votre site internet « la promotion et la défense des intérêts des consommateurs, la recherche de solutions à leurs problèmes, l’aide dans l’accession à leurs droits (liberté de choix, accès à l’information… » Vous l’avez parfaitement cité : le coaché à lui aussi le droit de la liberté de choix, que ce soit le professionnel qu’il va consulter ainsi que la solution qu’il est prêt à suivre.

Les chèques-carrière

Nous déplorons l’usage de chèques-carrière pour le paiement d’un traitement d’un burn-out. Et c’est bien le seul reproche qu’on puisse faire aux coaches dans le cadre de cette étude.

Nos recommandations

Au lieu de tirer tout azimut sur les métiers émergent du mieux-être, qui apportent des solutions complémentaires à la médecine traditionnelle, ne serait-il pas plus judicieux de créer un cadre claire, autant pour ceux qui pratiquent ces métiers que ceux qui en bénéficient ? Si effectivement, et cela reste encore à être prouvé, les formations de coaches sont insuffisantes pour pouvoir aider une personne atteinte d’un burn-out, ne faut-il pas d’abord s’en prendre, ou plutôt prendre contact, avec les centres et organismes de formations en coaching pour établir un niveau de compétences requis à la pratique de cette discipline, au lieu de s’en prendre directement aux coaches qui ont suivi ces formations et qui au final paient aujourd’hui la double facture, celle de leur formation et celle de votre étude négative à leur égard ?
Dans un contexte où le manque de médecins généralistes est grandissant, que faire le pas vers un(e) psychologue reste une étape difficile pour beaucoup de citoyens, ne serait-il pas plus judicieux pour le bien-être des personnes souffrantes de burn-out, de dépression ou ayant des problèmes d’alcool de leur laisser le libre choix du professionnel qu’ils veulent consulter ? Ne croyez-vous pas qu’un citoyen qui ne voit aucun progrès dans son parcours thérapeutique, va changer de professionnel ?

L’étude de Test-Achats se trouve sur https://www.test-achats.be/action/espace-presse/communiques-de-presse/2018/burnout-coaches