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Burn-out : du yoga pour les banquiers de la City

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Pour lutter contre le stress, les financiers londoniens sont incités à se mettre à la méditation. Un marché qui n’a pas encore bonne presse dans le milieu.

Journées de travail interminables, concurrence qui fait rage et individualisme grandissant : le mental des travailleurs de la City est mis à rude épreuve. Pour combattre le surmenage dont ils sont victimes, certains commencent à se tourner vers la “mindfulness”, un courant psychothérapeutique qui signifie “pleine conscience” et préconise les thérapies douces pour atténuer la souffrance au travail. Banquiers, comptables, avocats ou consultants financiers : ils pratiquent désormais le yoga au bureau, parfois encouragés par leur employeur.
Aveu de faiblesse

Les entreprises de la City, comme Google, AstraZeneca ou la Deutsche Bank, sont en effet de plus en plus nombreuses à mettre en place des programmes de mindfulness pour leurs salariés. Citigroup a même lancé “Bien vivre à Citi”, un programme pour sensibiliser les salariés aux notions de santé et de bien-être. Gregory Coetel, directeur du programme, a déclaré au Financial Times que “le yoga est un excellent moyen de déconnecter” et que “cela aide à se détendre et à forger de meilleures relations entre les collaborateurs”. Fran Gillibrand, un ancien chasseur de têtes, est allé plus loin en créant Blue Cow Yoga, une entreprise qui envoie des professeurs de yoga dans les bureaux de la City, et la demande est grandissante. De son côté, Hortense Suleyman, professeur de yoga, a lancé un programme de vingt minutes pour clients débordés : “Ces sessions sont de l’initiation et ont pour but de faire changer d’avis à ceux qui estiment que le yoga est une discipline de hippies”, a-t-elle également déclaré au Financial Times.

En effet, si un réel marché est en train de voir le jour, il est encore difficile de donner une image positive de la mindfulness aux banquiers overbookés de la première place financière européenne ! Souvent associés aux hippies, le yoga et la méditation ne font pas encore l’unanimité au sein de la City. Pour une bonne majorité des concernés, méditer est un véritable aveu de faiblesse dans un milieu viril où montrer ses failles revient à trahir son incapacité à assumer son poste. Pourtant, tous auraient besoin de s’accorder une pause et de prendre du recul sur leur travail.
Le coût du burn-out

Les exemples de burn-out au coeur de la City sont en effet nombreux. En novembre 2011, le patron du Lloyds Banking Group, Antonio Horta-Osorio, a dû se mettre au repos forcé pendant deux mois à la suite d’un surmenage. En novembre 2013, c’est Hector Sants, chef du contrôle des risques chez Barclays, qui démissionne, moins d’un an après sa prise de fonction, à cause de la pression. D’autres faits sont plus tragiques : en août dernier, un jeune homme de 21 ans, stagiaire pour la Bank of America Merrill, est retrouvé mort chez lui, après avoir enchaîné 72 heures de travail. Enfin, depuis le début de l’année, deux financiers de la City se sont suicidés.

La mindfulness, le yoga, la méditation et autres thérapies douces seraient donc une soupape idéale. Une cassure nécessaire dans le rythme, qui, en permettant de relâcher la pression et de se couper du stress, améliorerait la productivité et constituerait sans doute un vrai plus pour l’entreprise, car des salariés moins stressés sont des salariés plus efficaces. Surtout, les congés maladie coûteraient 26 milliards de livres (31 milliards d’euros) par an à la Grande-Bretagne, d’après une étude de l’association City Mental Health : encore une bonne raison d’encourager le développement de la mindfulness.
Source : Le Point.


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