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Avez-vous cette maladie qui touche 12 millions de Français?

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Un sondage Ipsos le révélait hier à l’occasion de la journée nationale de l’audition: un Français sur quatre souffre de bourdonnements d’oreille. Et encore, ce n’est qu’une des manifestations les plus bénignes des acouphènes, ces bruits parfois insupportables qui retentissent dans notre oreille interne sans aucun son extérieur. Au point que cela peut devenir une torture psychologique.

Selon le sondage, un Français sur deux a déjà eu de tels “sifflements”, “bruits stridents”, “bourdonnements”, “fond sonore”. Au moment de l’enquête, 29 pour cent disent l’avoir déjà vécu mais c’est passé, et 16 pour cent le vivent en permanence.

L’acouphène, c’est dans la tête

Ces dernières années, les recherches sur le cerveau ont montré que l’origine du bruit est souvent d’origine cérébrale: c’est le cerveau qui produit le son, ce qui le rend très difficile à éliminer. Lorsque nous percevons un son qui a une cause physique (un bruit dans la rue), le son est capté par l’oreille puis transmis à une partie du cerveau qui perçoit le son consciemment: le cortex auditif.

Les neurones font de l’auto-allumage

Mais dans certains cas, le cortex auditif peut s’activer tout seul, ce qui produit la perception d’un son alors que l’oreille n’a envoyé aucun signal. C’est un son dit “cortical”. IL y a quelques années, nous avons expliqué dans un article de référence comment les neurones de ce cortex auditif peuvent se mettre à dysfonctionner et nous faire croire qu’il y a un bruit alors qu’il n’y en a pas.

Ces quatre bandes sont des photographies de portions du cortex auditif de souris, partie du cerveau qui perçoit les sons. Les deux premières bandes perçoivent le silence, l’activité des neurones est au repos (couleur bleue). Les deux bandes de droite appartiennent à des souris à qui on a fait entendre des sons trop forts et trop longtemps. Elles sont le siège d’une activité spontanée des neurones : le silence n’existe plus. Il est rempli par les sons parasites qu’on appelle acouphènes.

Qu’est-ce qui provoque l’acouphène?

Parmi les principales causes de ce problème, l’écoute de musique au casque à des intensités élevées et de manière répétée. C’est pourquoi les jeunes sont particulièrement touchés. En 2011, une étude germano-japonaise avait montré que le cerveau exposé à de tels sons perd sa capacité de distinguer un son du bruit environnant (par exemple, lorsque nous écoutons quelqu’un parler dans un fond sonore). Cette perte de capacité de discrimination pourrait se traduire, in fine par l’émission d’un fond sonore permanent, l’acouphène.

La stimulation magnétique transcranienne consiste à envoyer des ondes électromagnétiques à travers la paroi du crâne jusqu’aux zones du cerveau dont on souhaite modifier le fonctionnement. En ciblant les zones du cerveau impliquées dans les acouphènes, on parvient à réduire leur impact.

Comment surmonter cette gêne?

Première urgence: arrêter d’écouter de la musique trop fort avec des écouteurs intra-auriculaires. Le mieux est de rendre à l’oreille sa fonction première: être à l’écoute des sons naturels, en réservant l’écoute de la musique pour des moments privilégiés, et non comme fond sonore permanent. Et puis, vient alors la liste des traitements proposés pour les acouphènes. La liste est longue et nous ne l’explorerons pas ici, mais des techniques novatrices ont récemment émergé du champ des neurosciences : lisez cet article pour découvrir comment la stimulation du cerveau par des ondes magnétiques enraye l’auto-émission d’acouphènes ou comment l’écoute d’une musique taillée sur mesure pour éliminer les fréquences émises par les neurones produit des effets similaires. Ces méthodes sont porteurs d’espoirs nouveaux pour les personnes dont le cerveau aurait été envahi par les acouphènes. Pour les autres une seule leçon de sagesse : l’audition est un trésor, traitez-la avec ménagement car elle vous durera toute la vie.

Source : SciLogs.fr


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